Immigration clandestine, une souffrance à plusieurs voix
ils ont la nuit sur la figure, et le banc des insomnies plein les yeux ; et
s'ils semblent incarner toutes les misères du monde, ils ne rêvent que le soleil jusque dans le
c½ur des ténèbres.
Comme un coup de massue, l'histoire qu'on va vous raconter est celle d'une légende mal vécue et d'une douleur lancinante.
Elle procède par bribe, allers et retours permanents des épisodes tragiques de la mélancolie africaine.
Ainsi, elle retrace les témoignages des candidats subsahariens à l'émigration clandestine qui, après avoir
frôlé la mort, racontent leurs expériences dans les pays de transit en l'occurrence le Maroc où vivre
clandestinement dans ce pays est synonyme de psychodrame.
Mais de quoi parle-t-on dans ces témoignages qui sont d'une tension
bouleversante ?
Pour beaucoup que l'on soit informé, la question de l'immigration clandestine et de surcroît subsaharienne n'arrête pas de refaire figure.
Tout a commencé là bas, là où les marocains n'apprécient guère, avec une poignée d'hommes et de femmes malheureux et déshérités.
Dans leurs fronts, on fait la lecture d'un désir abyssal de vouloir disparaitre, devenir invisible, entrer dans le
silence, et ne pas avoir à trouver un sens ni des réponses à cette vie africaine sans promesse et sans espoir.
Fuir la misère et les guerres de ce continent africain aux multiples malédictions !
En tète, ils n'ont qu'une seule idée qui résume leur obsession : rejoindre l'Eldorado.
Ils sont pressés d'aller dans l'autre rive, là où ils trouveront leur autre vie, imaginaire, vraie et pouvoir entrer en communion avec ce qu'ils appellent les Toubabs et donc les civilisés.
ils n'emmènent que leurs yeux pour pleurer et leurs larmes pour sécher le désespoir au cas où ils seront chopés par les fossoyeurs et guetteurs des côtes maritimes.
Au Maroc, on les compte par milliers. Pour survivre, par ici les excommuniés tendent la main pour faire la quête.
Par là, les braves aventureux se débrouillent avec des dérisoires et petits boulots, souvent
malhonnêtes en attendant que la mer, cette immense cimetière soit calme pour y enfourcher.
Leur séjour dans ce pays révèle chaque jour des lots d'injustices et de dérives qui se nourrissent d'un climat de haine et de discrimination.
Partout, ils sont traités comme les damnés de la terre avec des slogans imagés, au verbe aussi plaisant que profondément insultant.
Si l'on en croit aux témoignages de ces candidats malheureux, le racisme n'en est pas moins une réalité dans ce Royaume chérifien.
« Ce n'est pas facile d'être clandestin et au teint bronzé dans les pays arabes »
se plaignent ces victimes de la discrimination certainement affectés par les noms d'oiseaux dont ils sont
toujours affublés.
Mais si certains usent à outrance des injures à caractères racistes, d'autres telle que la police, n'hésitent pas à perpétrer des arrestations et des expulsions hors du pays
contre ces subsahariens et même ceux qui ont bénéficié le statut de réfugiés.
Ainsi,entre 2004 et 2007, les statiques officielles montrent que près de 8 400 clandestins subsahariens ont été rapatriés dans leurs pays d'origine.
Des arrestations qui ne respectent généralement pas la procédure judicaire, selon (Afvic), l'association des familles victimes de l'immigration clandestine.
Cette tragédie à visage humain semble s'être dissuader dans les méandres des discours politiques, et jusqu'à là, n'inquiète pas outre mesure les autorités concernées.
Elles font mine d'ignorer le credo de ces milliers de clandestins qui, pour braver et défier le laxisme européen préludent leur avertissement « Si tu ne m'aides pas à vivre chez moi, je viendrais mourir chez toi ».
Ce qui signifie l'ouverture de la boite de pandore avec la mort qui n'arrêtera jamais de rôder autour de cette mer méditerranée, devenue le tombeau de ceux qui viennent au péril de leurs vies.
Mais n'est-il pas temps de trouver illicopresto de solutions de développement phénomène et venir en aide à ces migrants au chevet du martyr?
En attendant que des solutions convenables soient mises en place, on continue au nom de ces milliers
d'êtres qui sont victimes d'un système africain désaxé qui, après avoir subi les pires lois du chômage, sont contraints de se livrer à la merci de la mort.
Mais tant qu'il faut choisir, on les conseillera toujours d'aimer Leurs propres vies avant d'aimer l'Europe.