La VIIème édition de la journée culturelle comorienne au Maroc
Lorsque l'on entre dans l'enceinte de l'Institut des Etudes Africaines au c½ur de l'Université Mohamed V- Souissi, on est capté par l'originalité du patrimoine africain que projette ce lieu. On y voit d'emblée la civilisation africaine, la promotion de la diversité culturelle et on se sent plonger dans les racines du vieux continent.
Dans le cadre de ses activités qui visent à raffermir et à consolider la culture africaine, l'IEA a fait de la journée culturelle comorienne l'un de ses événements les plus marquants qui consolident sa vocation multidisciplinaire. En effet, l'Association des Comoriens Etudiant au Maroc et l'Institut des Etudes Africaines, sous le haut parrainage de l'Agence Marocaine de Coopération Internationale, ont co-organisé la VIIème édition de la journée culturelle et scientifique de l'étudiant comorien au Maroc, du 27au 28 Mars 2009 à Rabat. Cette édition, pour avoir été appuyée par des grandes institutions avait décidément pris des allures grandioses. Et c'est l'ACEM qui de facto en a fait les éloges. C'est louable et la communauté comorienne au Maroc s'est bien sortie anoblie, elle a de quoi être fière.
Cette année le thème qui a été retenu est : « Echange culturel africain : d'une communication des peuples à un modèle de développement sud-sud ». Ce grand événement tablé sous le signe du renouveau avait toutes les particularités pour assurer un franc succès. Unanimement saluée par un public éveillé, cette journée a été parée d'un double dimension, culturelle et scientifique. Cette alternance avait l'immense mérite de faire rayonner la culture comorienne avec ses multiples facettes. La démarche a été véritablement novatrice, c'est salutaire et il faut en convenir. Au menu du programme, des activités qui ont fait découvrir la tradition des îles à travers l'artisanat touristique, l'art culinaire et les rituels folkloriques. Le coté scientifique n'était pas en reste avec des activités tant productives au sens comme à la subtilité, notamment la conférence-débat animé par le Dr. Moustapha Ezzabah et la grande Dictée qui a réuni bon nombre d'étudiants comoriens de toutes les horizons.
Conférence-débat
Le vendredi 27 mars, dans la salle des conférences de l'Institut des Etudes Africaines, une gracieuse foule drapée d'habits traditionnels comoriens, avait rendez vous avec une conférence-débat exceptionnelle, sous le thème : Rapprochement culturel et Civilisationel : Comores/Maroc ». Pour cette occasion des illustres personnages, notamment des autorités marocaines, des imminents professeurs universitaires et la communauté estudiantine marocaine et étrangère avaient pris part à ce grand événement. Cette conférence a été également honorée par la présence du Directeur de l'Institut des Etudes Africaines, qui a saisi cette opportunité pour ponctuer son message de bienvenu à tous les participants. Elle a été immortalisée par la présence de monsieur Saïd Omar, le secrétaire général de la Commission nationale comorienne pour l'ISESCO.
Au c½ur de cette conférence, le Docteur Ezzabah a tenu à retracer l'histoire du peuple comorien, avec son métissage et ses racines arabo- musulmanes. C'était une façon de revenir avec un mélange de nostalgie et une dose d'attachement sur tous ce qu'il a puis décrire dans ses travaux de recherches et ses ouvrages sur les Comores. Pour rappel, Moustapha EZZABAH, il est celui qui a incarné le mieux l'image d'alliance entre les îles Comores et le monde arabe. Pendant 10 ans, il a été le représentant permanent de l'ISESCO auprès des Comores. Son rendez-vous avec l'histoire, lui a permis de donner au peuple comorien une visibilité merveilleuse dans les pays arabes. Tout au long de son allocution, Ezzabah, celui que les comoriens considèrent comme un fervent défenseur, a jeté les bases sur les origines et le fondement de ce peuple qu'il a lui-même baptisé Djouzr Al-kamar « les îles de la lune ». D'une façon détaillée, il a décrit son périple dans ce pays, pour faire découvrir un nouveau visage des Comores qu'il considère comme sa deuxième patrie. Son combat lui a valu le mérite d'être le pionnier de l'adhésion des Comores au sein de la Ligue des Etats Arabes. Pour les comoriens, c'est une figure emblématique de la civilisation musulmane aux Comores et une icône pour le rapprochement et la solidarité des peuples arabes. Autant qu'il faille une reconnaissance, il s'est vu élever au rang des sages à l'image des grands notables comoriens. La question du rapprochement culturel entre le Maroc et les Comores était aussi placée au centre de cette conférence.
Le conférencier et les différents intervenants ont saisi cette occasion pour relater les initiatives susceptibles de rapprocher dans l'avenir, les deux peuples par la complémentarité et l'interaction entre leurs cultures et la promotion du partenariat intercommunautaire.
Le grand spectacle
Le samedi 28, la journée a été marquée par un volet d'exposition de l'artisanat original des Comores avec ses objets d'arts, ses habits traditionnels brodés de cérémonie et aussi la découverte du paysage comorien à travers son histoire multiséculaire et ses origines arabo-musulmanes et africaines. Ceux qui ont pris part à cette exposition ont eu l'occasion de parcourir de façon inédite le panorama idyllique des îles et d'explorer la diversité culturelle de ce pays.
Dans une ambiance qui invite au charme de la danse folklore et au rythme du tambour, la journée a renoué avec un grand spectacle qui durant des heures a fait vibrer un public venu de tous les coins. C'est la salle Omnisport Ibn Yassine qui avait servi de cadre d'échange d'émotions et de joies les plus émouvantes. Ce grand spectacle qui a conjugué émotion et solidarité, a été agrémenté par des prestations présentées par les étudiants comoriens venant de toutes les provinces du Royaume, et c'est sous un air d'opéra avec des intermèdes qui ont bien enflammé l'assistance.
En somme, la 7em Edition s'est bien tracée son chemin et a su conquérir tous les goûts et les envies. C'était donc une fête qui a su se distinguer des autres sur le rythme de la culture africaine trouvant refuge dans Rabat, capitale de toutes les cultures et creuset du dialogue et d'amitié entre la communauté comorienne et le peuple marocain. L'IEA et l'ACEM peuvent être fiers de la réussite de cette belle aventure qui a puis restituer sur la base les sentiers des relations entre les deux peuples sans pour autant obstruer la plénitude du patrimoine africain.
Youssouf Mdahoma
Rabat- Maroc