Le voyage sans retour !
Un cri de douleur sort de ma bouche, un autre le suit, ainsi va la vie. Ce qui assure la liaison entre mes cris, c'est un flot de regret, une vague de remord, une mer de mélancolie. Telle une sensation de frénésie !
La gorge est asséchée, la langue est pendue et mes paroles se décampent à peine. Cette nuit là, tout comme les autres nuits, d'ailleurs, je n'ai pas trouvé le sommeil.
J'avais essayé tous les côtés, l'insomnie gagnait toujours la bataille. J'avais essayé le côté droit, le côté gauche, rien n'augure un sommeil. Je décidai de me mettre à plat ventre, ensuite sur le dos. Plusieurs fois, j'ai mordu les draps, étranglé mon oreiller avant de m'écrouler sous le chapelet de la fatigue.
Toute la famille était réunie devant ma couche, la religion exige que les proches soient toujours là au dernier moment de la vie. Ces moments pénibles et si racornis caractérisaient par le ralentissement des fonctions vitales. Ils devraient commencer la lecture du coran. La sourate YASSINE en guise de repentance, mais mon petit fils refusa de donner l'ordre. Il voit un signe d'espoir. « Mon grand-père va guérir ».
Il se noie dans l'optimisme et surtout il fait confiance à la médecine et les produits magiques que le docteur m'a prescrits. Ces produits miraculeux qui ont la force de redonner la vie. Moi, j'époumonais un sanglot de souffrance, mais les pleures sont suspendus. La douleur a pris le dessus.
Chaque mouvement de respiration, c'est un supplice. Chaque mouvement de respiration, c'est une étrange brûlure qui incendiait ma poitrine. Mes veines sont gonflées, mon c½ur est compressé par la douleur. Malgré ce calvaire infligé par l'inconnu, je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que je ressens, la douleur dépasse de loin l'imagination. Si seulement cet inconnu pouvait m'accorder quelques minutes pour m'exprimer. J'aurais aimé dire beaucoup de choses.
Tant de questions que je ne trouverais jamais de réponses. Tant de réponses qui n'auront jamais de questions. Si seulement, je pouvais savoir ce qui m'arrive. Qu'ai-je donc fais pour mériter des telles souffrances ? De quel crime suis-je l'auteur pour mériter pareil calvaire ?
Tant de questions qui n'auront jamais de réponses !
Je sombrais dans cette poursuite frénétique dont j'ignore l'origine. Je suivais le bout d'un fil qui s'éloignait de plus en plus de moi et de ma propre vie. Je me suis retrouvé piéger dans ce labyrinthe infernal qui m'annonce sans cesse le voyage sans retour, « la mort ». Des minutes, des heures et des jours passèrent, mon agonie fut très longue, très pénible.
Je perdis l'envie de me battre. Je savais que je ne peux rien faire, que rien ne peut me faire sortir de ce labyrinthe. Je décidai d'attendre, attendre calmement cet inconnu. Le messager de la mort !
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